La joliment nommée "électronica" est encore une frange obscure des musiques électroniques. Pas vraiment "bankable", à la construction imprévisible mais avec des images plus nécessaires que dans un vulgaire vidéo-clip, elle interroge la relation du spectateur au ressenti de la musique. Comme chez Chopin ou Mozart, l'intuition est rapidement le fil directeur de l'écoute. Les images, elles, sont là pour guider, comme la lumière aveuglante qu'on aperçoit au loin dans les rêves.
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Chez Saycet, projet électronica parisien sous l'égide de Pierre Lefeuvre, les instruments organiques ont été remplacées par une batterie de bruits mystérieux : frottements, portes qui s'ouvrent, claviers lancinants, voix japonisantes et contaminées par l'outil électronique. Dans la salle, le public caennais est rivé aux écrans, c'est à peine si certains oscillent de la tête. On a parfois cette sensation d'assister à une manifestation d'ectoplasmes, fussent-ils de métal comme dans Arrivée en gare d'un train de la Ciotat. A qui est sensible à la complainte du nouveau siècle, où les machines tentent d'expliquer la nature humaine, sera sensible à l'errance contemplative et silencieuse de Saycet.
Jérôme PERROT
»Posté le 07/04/2008 à 23h25 par morgan.marietti
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